ECOSAN en Afrique de l'Ouest

ECOSAN comme solution à la mauvaise gestion des excrétas humains et les pratiques d'hygiène à risque en Afrique de l’Ouest.

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BF Burkina Faso

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A propos du projet Éditer

ECOSAN, de l’anglais Ecological Sanitation ou assainissement écologique, constitue un des programmes du CREPA (Centre régional pour l’eau potable et l’assainissement à moindre coût) depuis 2002 sur financement de la coopération suédoise.

ECOSAN est une nouvelle approche de l’assainissement utilisée de plus en plus depuis quelques années par les communautés rurales des pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre qui vise à valoriser nos urines et nos fèces, à protéger la santé et l’environnement par une hygiénisation des excrétas humains afin de les utiliser comme fertilisants dans l’agriculture. Plusieurs maladies sont causées par la mauvaise gestion des excrétas et de l'urine, par des pratiques d'hygiène à risque, ainsi que par le manque d'information des populations en matière d'hygiène et d'assainissement. La séparation à la source des urines et des fèces facilite un traitement nécessaire pour une réutilisation saine. C’est une nouvelle approche intégrée de la gestion des déchets solides et liquides. Les toilettes sèches sont des toilettes qui n’utilisent pas d’eau et permettent, suite à un processus de transformation, de réintroduire nos excréments dans les cycles agricoles.

ECOSAN est fondé sur la réutilisation et la conservation des ressources naturelles et a pour objectifs de préserver la santé humaine, d’augmenter la fertilité des sols et de réduire les nuisances causées à l’environnement. Ils représentent une solution durable pour des villages / communautés ne disposant pas d’eau potable ou de réseau de tout-à-l’égout.

Comme méthodologie utilisée, les latrines sont constituées de deux fosses étanches, hors sol, munies de plaques chauffantes. A l’intérieur d’une cabine on trouve deux trous de défécation, un par fosse. Les trous sont utilisés de façon alternée pour permettre la déshydratation complète de la matière fécale qui se trouve dans la fosse hors service. Les matières fécales sèchent dans la fosse. Une plaque chauffante installée à l’arrière de la fosse permet d’obtenir une température plus élevée à l’intérieur.

De préférence noire, pour capter les rayons du soleil, cette plaque est alimentée régulièrement par des cendres (ou chaux et de terre ou copeaux, selon WECF), qui vont absorber l’humidité, augmenter la basicité (Ph élevé) des matières fécales. Cela permet de tuer les germes pathogènes. La matière ainsi obtenue n’est pas dangereuse pour la santé humaine. Après 6 mois à 1 an, selon les contextes, on peut ouvrir la plaque chauffante et vider la fosse. On peut évacuer les excrétas qui sont devenus inodores et poudreux, vers les champs comme matière organique fertilisante. Les matières fécales compostées sont une bonne façon d’enrichir le sol et peuvent être mélangées avec de la terre ou recouvertes de terre avant de semer ou de planter. Cette matière est riche en phosphore, potassium et en matières organiques.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ? Éditer

Le caractère singulier et créatif de ce type d’assainissement écologique s’apprécie par la technologie utilisée qui consiste à valoriser nos urines et nos fèces, et, après un traitement sain, est réutilisé comme fertilisants dans l’agriculture, avec moins d’odeurs, sans mouches, moins de perte d’azote. Cette pratique n’est pas courante et est relativement rare. L’utilisation traditionnelle fait recours à la défécation à l’air libre, aux urines mélangées aux matières fécales (avec des conséquences non moins importantes), aux excrétas non recyclés.

Quelle est la plus-value sociale du projet ? Éditer

La plus-value sociale du projet est qu’il contribue à la réduction de l’insécurité alimentaire (amélioration de la production agricole) et de la pauvreté des populations à travers l’amélioration de la fertilité des sols par l’utilisation des excrétas humains, combinée avec les techniques de conservation des eaux et des sols. Il contribue à la protection des ressources en eau, à la réduction de la prévalence des maladies liées au manque d’hygiène, à la valorisation des nutriments contenus dans les excrétas humains.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ? Éditer

Cette approche est développée dans 10 pays en Afrique de l’Ouest et du Centre. Le Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Assainissement à faible coût (CREPA) a mené un programme de recherche sur ECOSAN depuis 2002. L’objectif est de toucher 1 million d’habitants avec les projets ECOSAN à grande échelle.

Quel a été le facteur déclenchant de ce projet ? Éditer

Les besoins pour un meilleur assainissement en milieu rural sont énormes. Dans de nombreux pays, particulièrement en zone rurale, les maladies d'origine fécale et celles liées à l'insalubrité représentent une proportion importante des cas de mortalité et de morbidité. La mauvaise gestion des excrétas, les pratiques d'hygiène à risque et la sous-information des populations en matière d'hygiène et d'assainissement sont les principales causes de cette situation. Ainsi, les facteurs déclenchant de ce projet sont : La nécessité de participer à l’écologie de façon très concrète en proposant quelque chose d’efficace. Pour éviter de salir l’eau potable, prévenir les maladies, protéger l’environnement, fertiliser la terre forcent vers des solutions durables basés sur le recyclage sain des excrétas humains. Construites avec des procédés simples et reproductibles, faciles à utiliser et à entretenir, elles favorisent l’autonomie locale.

Quel est le modèle économique de ce projet ? Éditer

À une époque où les prix des intrants chimiques grimpent en flèche et alors que les sols s'appauvrissent de jour en jour, leur fertilisation est un gage de problème pour tout agriculteur des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre dont l’activité principale demeure l’agriculture. La latrine comporte plusieurs avantages. Elle permet de réduire la nuisance des mauvaises odeurs. Elle diminue le nombre de mouches et de moustiques, ce qui contribue ainsi à lutter contre les diarrhées et le paludisme. Elle est construite avec des matériaux locaux durables. Une latrine ECOSAN offre un environnement plus beau et facile à entretenir. Elle permet aussi d'avoir de la fumure de qualité. Cette fumure est utilisée comme engrais pour fertiliser les sols et améliorer ainsi le rendement agricole des producteurs. Le coût des excavations est très économique. Face aux changements climatiques et à la flambée des prix des intrants, notamment des engrais chimiques, l'utilisation des fertilisants naturels issus des latrines ECOSAN contribue à diminuer les coûts et à augmenter le revenu des paysans. Les latrines ECOSAN constituent un investissement à long terme. Les producteurs de ces pays ont ainsi vu leur production agricole s’améliorer.

Ce projet met-il en œuvre une forme d'intelligence collective et si oui, en quoi ? Éditer

Ce projet participe-t-il de la protection de l’environnement, et plus généralement, de la transition écologique ? Si oui, en quoi ? Éditer


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