Le Nouchi

La créativité de la langue Nouchi, un français copié décalé en Côte d'Ivoire

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Côte d'Ivoire et Afrique de l'ouest.
CI Côte D'ivoire
Site internet http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouchi
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A propos du projet Éditer

Le nouchi est une forme d'argot présente en Côte d'Ivoire et en Afrique de l'ouest.

Le nouchi est né en Côte d’Ivoire, mais on ignore cependant qui en détient la paternité. Cette langue se nourrit des nombreux dialectes du pays et du français. Les locuteurs de cette langue sont appelés " nouchis".

Le nouchi se distingue néanmoins du langage familier en Côte d'Ivoire. Pour le langage familier, les phrases seront dépourvus de leurs articles, et des adverbes du type « là » viennent ponctuer les fins de phrase.

Beaucoup de termes du nouchi visent à évoquer des phénomènes de société propres à la Côte d'Ivoire.

Le nouchi évolue en permanence , au fil des mots créés par les nouchis eux-mêmes. Ainsi, les termes gaou (plouc) et agbolo (costaud) sont des néologismes relativement récents.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ? Éditer

Le Nouchi est au départ une sorte de créole de français et de mots tirés de langues locales - utilisé essentiellement par les jeunes Soussous (originaires de Guinée) qui vivaient dans les quartiers défavorisés d'Abidjan, ainsi que par les membres de gangs. Par la suite, le nouchi va s'ivoiriser et s'enrichir de mots empruntés aux différentes langues ivoiriennes et d'autres vocables inventés.

Quelle est la plus-value sociale du projet ? Éditer

Le nouchi est une langue qui se base sur des phrases courtes ou des adjonctions de termes tirés du vécu de la rue, de l'anglais, du français et des ethnies ivoiriennes ou même de celles de la sous-région ouest-africaine. Cependant on note des expressions propre aux nouchis et aux ziguéhis (les bad-boys des ghettos abidjanais) tels que : "têguê", "gbôlô" ou "daba le gaou" (tabasser quelqu'un) "daba mon garba" (manger mon attiéké à la friture de poisson thon); d'une part "daba" ou "gbolo" signifie "frapper, cogner ou vaincre" et d'autre part, il signifie manger. Dans le second registre, il faut le comprendre dans le sens d'avoir de l'appétit au point de finir toute son assiette. Des termes sont parfois utilisés de façon péjorative, il s'agit entre autres de "gaou", "gnata", "albert" et "brézo". Le gaou, c'est la personne naïve; cet état est moins grave que celui de gnata. Ce dernier présente une difficulté d'adaptation. L"albert" ou le "brézo", c'est celui qui perdure dans l'inadaptation. La formation des expressions est illimitée et se développe aux gré des évènements heureux ou malheureux. C'est une langue en pleine expansion en Côte d'Ivoire, qui inspire et s'inspire de la culture populaire.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ? Éditer

Le nouchi, tout en s’inspirant du français, magnifie aussi les langues africaines (telles que le dioula, le baoulé, le bété, l’attié...) qui ont besoin d’être promues car de plus en plus délaissées par la jeunesse. Awoulaba est un terme tiré du baoulé qui désigne la plantureuse femme africaine. Exemple tiré d’une chanson populaire : « Bôtchô, awoulaba. Qui n’aime pas ça ? » (Une paire de fesses, une jolie nana... Qui n’aime pas ça ?). Autre exemple : « Une gnanhi qui est enjaillée des kpêkpêros » signifie « Une femme adulte qui aime les jeunes gens ».

Le Nouchi est aussi un langage de jeunes. Parler Nouchi traduit le fait qu’on est « branché ». Pour illustration, un étudiant évoluant en dehors de la Côte d’Ivoire pendant l’année scolaire s’attachera à se renseigner sur les dernières expressions à la mode pour ne pas se faire traiter de gaou (comprendre péquenot en Nouchi).

Quel a été le facteur déclenchant de ce projet ? Éditer

Le nouchi est un mélange de français et de plusieurs langues de Cote d'Ivoire, il est apparu dans les années 1970. Il était à l'origine parlé par des jeunes citadins mal scolarisés ou délinquants, ne maîtrisant pas bien la langue française. Le Nouchi était pratiqué par eux surtout aux abords des marchés, des gares, des cinémas avant d'être véhiculé dans la plupart des couches sociales. De langue des petits voyous, le Nouchi est devenu la langue de la comédie populaire ivoirienne, voire de la musique ivoirienne. C'est aussi la langue de la "débrouille" dans les quartiers pauvres d'Abidjan. « nou », en malinké, signifie « le nez », tandis que « chi » veut dire poil. Cela donne en un mot, « poil de nez » donc « moustache » pour designer le méchant, à qui tout le monde voulait ressembler. Un « nouchi », c’est un homme fort, craint de tous et qui n’a peur de rien ni de personne.

Quel est le modèle économique de ce projet ? Éditer

Fortement basé sur le français, il utilise des mots anglais et espagnols, insérés par les élèves, avec des mots issus de presque toutes les langues parlées en Côte d'Ivoire. On doit cependant noter une forte dominance du Malinké et du Baoulé, ethnies les plus représentées sur les marchés et les places populaires.

Le nouchi a aussi la particularité de varier selon les milieux et évoluer très vite, en s’inspirant de l’actualité.

Ce projet met-il en œuvre une forme d'intelligence collective et si oui, en quoi ? Éditer

Ce projet participe-t-il de la protection de l’environnement, et plus généralement, de la transition écologique ? Si oui, en quoi ? Éditer


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